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Comment placer la trésorerie d'entreprise sans mettre en risque l'activité ?

La trésorerie d'entreprise doit être placée selon son horizon, son niveau de disponibilité nécessaire, le risque accepté et la situation financière réelle de la société.

Philippe Gaborieau Trésorerie d'entreprise

Une entreprise rentable peut accumuler une trésorerie importante. Laisser ces sommes non rémunérées peut sembler inefficace, surtout lorsque les taux monétaires redeviennent visibles. Mais placer la trésorerie d’entreprise exige une méthode prudente.

L’objectif n’est pas de rechercher le meilleur rendement théorique. L’objectif est de préserver l’activité tout en donnant un rôle clair à la trésorerie réellement excédentaire.

Distinguer trésorerie utile et trésorerie excédentaire

La première erreur consiste à considérer toute la trésorerie comme disponible. Une partie appartient déjà au cycle d’exploitation de l’entreprise.

Avant tout placement, il faut identifier les besoins liés :

  • Aux salaires et charges sociales.
  • Aux impôts et taxes.
  • Aux fournisseurs.
  • Aux investissements prévus.
  • Aux délais clients.
  • Aux imprévus d’exploitation.

Cette poche doit rester liquide et sécurisée. Elle sert à protéger l’activité.

La trésorerie excédentaire correspond seulement au surplus qui peut être immobilisé sans fragiliser l’entreprise.

Adapter le support à l’horizon

Une trésorerie disponible dans trois mois ne se place pas comme une trésorerie disponible dans trois ans. L’horizon de placement est le critère central.

Une trésorerie courte doit privilégier la liquidité et la faible volatilité. Une trésorerie plus longue peut éventuellement accepter un risque mesuré, si la société peut supporter une variation temporaire de valeur.

Il faut donc relier chaque poche à une échéance : fonctionnement courant, réserve de sécurité, projets futurs, distribution éventuelle ou stratégie long terme.

Ne pas confondre compte société et patrimoine personnel

La trésorerie appartient à la société. Son placement doit être cohérent avec l’objet social, la gouvernance, la fiscalité et la comptabilité de l’entreprise.

Le dirigeant peut avoir envie de faire travailler cette trésorerie comme son patrimoine personnel, mais les contraintes ne sont pas les mêmes. L’entreprise doit conserver une gestion prudente de sa liquidité, surtout si elle emploie des salariés, porte des dettes ou finance une activité cyclique.

L’expert-comptable doit souvent être associé à la réflexion, notamment pour valider le traitement comptable et fiscal.

Quels risques analyser ?

Plusieurs risques doivent être regardés avant de placer :

  • Risque de perte en capital.
  • Risque de liquidité.
  • Risque de taux.
  • Risque de contrepartie.
  • Risque de change si support en devise.
  • Risque de mauvaise adéquation avec l’horizon réel.

Un placement peut être pertinent pour une société et inadapté pour une autre. Le secteur d’activité, la saisonnalité, les dettes, la visibilité du chiffre d’affaires et la structure actionnariale changent l’analyse.

Relier la société et le dirigeant

La trésorerie d’entreprise peut aussi poser des questions patrimoniales : faut-il distribuer des dividendes, conserver les fonds, financer un investissement, remonter en holding, préparer une transmission ou réduire le risque professionnel ?

Ces sujets dépassent le simple placement. Ils relient la stratégie de l’entreprise et celle du dirigeant.

Une méthode avant les supports

Placer la trésorerie d’entreprise suppose donc une méthode : mesurer la trésorerie utile, définir les horizons, vérifier la liquidité, analyser le risque, puis seulement comparer les supports.

Pour approfondir, consultez la page placement de trésorerie d’entreprise. Si la société doit être analysée plus largement, le bilan patrimonial personne morale peut servir de point de départ.